Violences conjugales

Aujourd’hui, aux transmissions (temps plus ou moins long où l’équipe partante donne à l’équipe arrivante des informations sur les patients présents dans le service et les soins à leur prodiguer), ma collègue m’informe qu’il y a suspicion de violences conjugales pour une des mamans présentes dans le service. Elle insiste bien sur le mot « suspicion ». Nous avons juste une note dans le dossier sans explication sans nom de la personne l’ayant écrite. C’est souvent le cas dans le dossier de ces patientes.

violences conjugales

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Je frappe à la porte et entre dans la chambre. Tout de suite, je sens que quelque chose ne va pas. La maman est dans son lit. J’ai envie de dire qu’elle était recroquevillée dans son lit, un peu comme les enfants qui ont très peur. Pourtant elle était étendue dans son lit comme n’importe quelle maman. Mais c’est l’impression que j’en garde, surtout par rapport à son regard. Le bébé dormait dans son berceau à côté d’elle. De l’autre côté, le papa se tient debout, nerveux. Il oscille d’une jambe sur l’autre. Je dis bonjour et me présente. « Vous trouvez qu’il me ressemble ?! » J’ai un mouvement de recul. Pourtant, le papa n’a pas bougé en me disant ça. Mais l’agressivité dans sa voix et ses yeux a suffi à me faire reculer. Je ne pense pas qu’il cherchait à m’agresser. Il était énervé et avait certainement l’habitude de s’exprimer d’une façon assez brusque à tout le monde. Mais, sur le moment, j’ai vraiment eu l’impression qu’il était à deux doigts de taper sur quelqu’un. Je m’approche du berceau, regarde le bébé puis le papa. « Oui, il vous ressemble. » Personnellement, j’ai toujours eu du mal à trouver des ressemblances chez un bébé qui vient de naitre. Mais là je me voyais mal lui répondre ça. Si j’étais super-héroïne, je dirai que c’était pour protéger la maman mais je crois que c’est surtout mon instinct de conservation qui a parlé.  « Mais vous ne trouvez pas qu’il est clair. ». Là, j’ai compris le souci. Papa avait la peau noire et maman la peau blanche. Bébé était donc métissé et souvent ces bébés sont « pâles » à la naissance et fonce dans les semaines qui suivent. Je le lui explique. « Oui ! Vos collègues me l’ont déjà dit ! ». J’apprendrai plus tard qu’il a posé ces questions à tous les soignants qui sont entrés dans la chambre au cours du séjour. Il se tourne vers sa femme et lui dit que ce n’est pas à cause d’elle. C’est « juste » qu’il ne fait confiance à personne et qu’il ne va pas commencer avec elle. Au final, on a réussi à la convaincre d’aller d’abord passer un mois chez sa mère avant de rentrer avec son mari. L’aura-t’elle fait ? Peut-être quelques jours mais je doute qu’il ai supporté qu’elle reste un mois loin de lui.

Des mamans avec suspicion de violences conjugales, j’en vois régulièrement passer. Et pourtant nous sommes une clinique privée avec pas mal de dépassements d’honoraires. Preuve que cela arrive dans tous les milieux même les plus aisés. Je me sens toujours mal à l’aise avec ces mamans. J’ai eu un cours de deux heures sur la maltraitance des enfants (ce qui est peu à mon avis) mais rien sur les maltraitances conjugales. Autant je parle avec facilité seins et  périnée, autant je ne sais pas comment aborder ce sujet. D’autant plus que ces femmes elles-mêmes sont fuyantes dès qu’on aborde le sujet. Elles ont tendance à changer de professionnels dès qu’on aborde le sujet. Nous essayons de leur parler des associations qui aident mais, souvent le père est méfiant et quitte peu sa femme (on en a eu un qui se cachait dans la salle de bain pour écouter ce qu’on disait à sa femme). J’ai toujours l’impression de ne pas faire complètement mon travail. Je donne les informations sur les associations en espérant qu’elles attraperont la perche…

violences conjugales

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Ecouter

Exposition

Il y a des fois où j’aimerai que l’on m’écoute.Je ne demande pas d’explication.
Je ne demande pas de conseils.
Je ne demande pas d’aide.

Il y a des fois où j’aimerai que l’on m’écoute.
Je ne demande pas qu’on me comprenne.
Je ne demande pas qu’on se mette à ma place.
Je ne demande pas qu’on me rassure

J’aimerai juste que l’on m’écoute.

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Il y a des fois où j’ai l’impression de mal écouter les autres.
Je leur apporte des explications.
Je leur apporte des conseils.
Je leur apporte de l’aide.

Il y a des fois où j’ai l’impression de mal écouter les autres.J’essaie de les comprendre.
J’essaie de me mettre à leur place.
J’essaie de les rassurer.

J’aimerai juste écouter les autres comme ils le souhaitent.

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Mais comment faire pour écouter pleinement ?
Mes parents ne me l’ont pas appris.
L’école ne me l’a pas appris.
Ma profession ne me l’a pas appris.

Alors comment faire pour écouter pleinement ?
Peut-être suffit-il juste de prendre le temps.

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Les enfoirés

Cela fait un moment que je n’ai plus posté sur ce blog. La gastro-entérite s’est invitée chez nous sans demander la permission. Quelle malpolie ! Et évidemment, les enfants l’ont attrapé les uns à la suite des autres. Quand l’un finissait, l’autre commençait. Mais j’ai droit qu’à 3 jours enfant malade moi !

les enfoirés et Coluche

les enfoirés et Coluche

Bref c’est pas pour ça que je postais. Comme beaucoup de Français, j’ai regardé le concert des enfoirés à la télé. Généralement, ça tombe toujours quand je bosse. Cette année, coup de chance, je ne travaillais pas. On a quand même acheté le DVD. On achète toujours le DVD( j’aime pas trop le CD car il sépare les chansons et les medleys. J’aime suivre le fil du concert;). J’aime beaucoup ce concert par la bonne humeur qu’il dégage et puis c’est pour une bonne cause. Le spectacle rapporte 26 millions d’euros aux Restos du Cœur.

Les enfoirés 2013

Les enfoirés 2013

La chanson d’Adèle chantée par Maurane et Amel m’a donné des frissons. Les chansons de Renaud déclenche toujours en moi un brin de nostalgie et de tendresse. Lola était belle mais dommage que les enfants ne jouaient pas vraiment de leurs instruments. J’ai bien ri à leurs blagues, surtout celle de Gad et Obispo en mariées avec Jean-Jacques en dieu hindou. Et Grégoire en fraise ! J’ai adoré leur version de « Danse avec les stars » avec la toupie de Marrakech et les jurés digne de la Nouvelle Star. Je veux la même robe qu’Alizée !

Gad et Obispo en marié

Gad et Obispo en marié

Je suis toujours fâchée de voir tous les commentaires négatifs sur les articles de presse internet. Les gens semblent oublier que ce n’est pas un concert au même titre que ceux que font habituellement les stars. Oui tout n’est pas au point, y’a des bugs. L’important n’est pas de faire un concert parfait mais de récolter de l’argent pour les Restos du cœur en faisant passer un moment agréable aux spectateurs. Certains artistes viennent peut-être faire leur promo mais ce n’est pas le cas de tous. Vous croyez vraiment que Mr Goldman, Mimi Mathy, Garou, Michèle Laroque,… ont besoin de ça pour gagner leur vie ?! Et puis j’ai envie de dire : qu’importe s’ils viennent faire leur promo si ça permet à des familles de manger à leur faim. Certains disent aussi que ces stars feraient mieux de faire des dons plutôt que de nous demander d’en faire. Mais qui leur dit qu’ils ne font pas déjà des dons. Simplement ils n’en font pas étalage.

Les restos du coeurs

Les restos du coeurs

Je terminerai en disant que ce qui me choque le plus, ce n’est pas que des artistes qui gagnent des millions me demandent de donner de l’argent pour nourrir d’autres êtres humains. Ce qui me choque, c’est qu’on ait encore besoin des Restos du Cœur et encore plus qu’avant. Je vous laisse avec un bonus : Mr Goldman qui chante « Famille » durant un prélude de « La boite à musique des enfoirés ».

Conseils multiples

La première chose que les mamans reprochent au personnel de maternité, c’est les conseils innombrables et parfois divergeants qu’on leur donne. A chaque fois, j’ai envie de leur dire « Mes pauvres ! Vous n’avez pas fini ! Là, c’est juste le début, plus tard y’aura l’autorité, l’alimentation,… ». Marrant comme  tout le monde a l’air de savoir mieux s’occuper des enfants que leurs propres parents. Mais revenons à nos moutons.

bébé mouton
Chaque maman, chaque bébé, chaque couple maman-bébé est unique. Nous sommes tous différents. De plus, nous donnons naissance à un bébé à un moment donné, dans un contexte spécifique. C’est pourquoi une solution qui marche avec l’un ne marchera pas forcément avec l’autre. De même, si avec votre premier bébé c’était des cris à longueur de nuits (par exemple), il n’y a aucune raison pour ce soit pareil pour le deuxième.

maman et bébé
Dans ce cas, me direz-vous, comment faire pour ne pas se retrouver noyer sous les conseils ? C’est très simple. Dans votre valise de maternité, emportez un cahier/carnet/feuille et un stylo (ça vous permettra aussi de noter vos premières impressions, les premières visites,…). Quand on vous donne un conseil, notez-le. Essayez-le. ça marche ? Tant mieux. Mettez un petit signe genre smiley qui sourit ou simplement un rond. ça ne marche pas ? Tant pis. Mettez un petit signe genre smiley pas content ou une croix et passez au conseil suivant. Ne le barrez pas, il vous servira peut-être pour un autre bébé ou pour plus tard.

maman, frère et bébé
Vous voyez, c’est tout simple. A la maternité, nous n’avons en moyenne que 3 jours pour vous apprendre à vous occuper de votre bébé. Nous essayons de vous transmettre au maximum nos connaissances pour que vous soyez sereine au risque d’être parfois indigeste. Vous pouvez même appliquer ce conseil pour les autres conseils qu’on vous donnera plus tard (à la PMI, les copines,…).

Dilemme du papa de jumeaux

Dans la maternité où je travaille, les puéricultrices vont en salles de naissance s’il y a un risque que le bébé ait un problème.  Dans le cas de naissance multiple (jumeaux ou triplés), la pédiatre et une puéricultrice sont toujours présentes. Cela ne m’était plus arrivé depuis mon congé parental. Cette semaine, je suis donc allée en salle de naissance pour un accouchement par voie basse de jumeaux. La grossesse était presque à terme : 39 SA (une grossesse est à terme à 41 SA). Pour cet article, je m’intéresserai surtout au futur/nouveau papa. Les phrases entre guillemets sont les pensées qui, j’imagine, passe dans sa tête au vu de ses expressions faciales.

exemple de salle de naissance (CHU Caen)

exemple de salle de naissance (CHU Caen)

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Ipédéheu

Ipédéheu ? ! Mais qu’est-ce que c’est que ce monstre ? Ce monstre, c’est moi. Je suis une I.P.D.E. (prononcez « ipédéheu ») c’est-à-dire une Infirmière Puéricultrice Diplômée d’Etat.

J’ai 33 ans et je suis diplômée depuis 10 ans. Je suis calme, posée et peu sportive. Depuis ma sortie de l’école de puéricultrices, je travaille dans une maternité privée de niveau 2 (c’est-à-dire une maternité qui possède un service de kangourou et une petite néonat. J’en parlerai plus dans un prochain article.). Parallèlement, je me prépare pour passer le concours de la fonction publique en vue de travailler en crèche ou en PMI. Mes sujets préférés dans mon métier sont : l’allaitement maternel, la relation d’aide et les nouvelles méthodes de parentage (portage en écharpe, langue des signes,…).

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